top of page

Comment être un modèle pour ses enfants ?

Dernière mise à jour : 30 mai 2023





Aujourd'hui, nous allons parler du sujet : être un modèle inspirant pour ses enfants.


Interview avec Brigitte Kramer, spécialiste en coach familial, et partenaire également d'Activ’PNL, puisqu'elle vient aussi animer dans le centre de formation. Brigitte qui a un centre de formation également Agapé & Co, qui se situe dans le Var.



Enfant inspiré


Brigitte, peux-tu te présenter ?


Brigitte Kramer

Je suis enseignante en PNL, coach dans les entreprises et je me suis spécialisée dans les relations parents enfants, en tant que coach familial dont Agapé & Co propose la formation. Je me suis spécialisée dans les relations parents enfants parce que l’on s'est aperçue avec Christine Donati avec qui j'ai écrit le dernier livre : (Quand tout devient enfin facile avec nos enfants), que les relations parents enfants étaient au cœur de plein de problématiques que l'on va rencontrer tout au long de sa vie.


On s'est aperçu que plus les relations étaient compliquées quand nous étions enfants et plus nous allons traîner des casseroles toute notre vie.


Nous avons décidé d'écrire deux livres sur les relations parents enfants simplement pour aider les parents à être beaucoup plus heureux dans leur rôle de parents, mais également à s'occuper davantage de la relation plutôt que de l'éducation.



Jordi

Justement, quels sont les changements de paradigme entre les anciennes méthodes éducatives et aujourd'hui ?


Brigitte Kramer

Oui, la société a énormément changé. Les parents vont désormais travailler tous les deux. Avant, il y avait papa qui travaillait, maman qui était à la maison pour élever les enfants. De plus en plus, les deux parents travaillent, ils ont de moins en moins de temps avec les enfants.


La société évolue et entraîne une évolution dans la manière d'être parent. Beaucoup de parents ne savent plus quoi faire parce qu'ils appliquent les anciens paradigmes du parent dominant qui imposait son point de vue, puis il y a eu des parents permissifs après 68 où on laissait tout faire aux enfants : « l'enfant roi ».


Maintenant, dans notre société du XXIᵉ siècle, on observe les parents planificateurs, c’est-à-dire, qu’ils planifient tout dans leur vie et aussi les relations avec leurs enfants. Ils sont orientés dans le faire ou le faire faire. Parce qu'ils ont très, très peu de temps à consacrer à la vie familiale.


Eux-mêmes travaillent beaucoup, sont stressés par les soucis de la vie quotidienne et par conséquent les relations parents enfants s'abîment. Elles n'étaient pas non plus optimales quand on avait des parents dominants qui nous imposaient leur point de vue.



Jordi

Comment trouver un juste milieu entre être un parent autoritaire, un parent hyper permissif ?


Brigitte Kramer

Ce n'est pas évident. C'est pour cette raison que nous proposons ce nouveau paradigme relationnel qui s'appelle le parent coach. Alors vous allez dire pourquoi parent coach ?

On peut être à la fois parent et coach de ses enfants ! C'est ce que l'on propose.

L’idée c’est de dire, le parent, il a l'amour inconditionnel de l’enfant.


C'est dans ses gènes, c'est dans sa chair. Depuis que le monde est monde, c'est l'amour qui est un besoin biologique. On s'aperçoit, avec les découvertes en neuroscience qu'il y a des hormones comme l'ocytocine qui sont dédiées, à l'amour et participent à l'amour inconditionnel qui existe entre un parent et son enfant. Donc ça, c'est le côté parent.

Le côté coach maintenant, regroupe nos outils de coaching, nos outils qui font la qualité de nos accompagnements lorsque nous allons accompagner un client. Nous allons, à ce moment-là l'aider à développer tout son potentiel : on a des outils, on a une approche, on a une posture.


Si les parents ont une posture de coach bienveillant et outillé, ils sauront quoi faire, comment prendre de la distance, pour créer une relation complétement différente. Parce ce qu'il y aura, d'un côté, l'amour inconditionnel du parent et de l'autre côté, des outils de communication, des outils d'accompagnement de nos enfants vers leur plein potentiel. Ainsi, en unissant ces deux approches, la relation va changer complétement !



Jordi

Pour avoir discuté parfois de ce sujet autour de moi, j'ai entendu des mamans qui me disaient :

« Quand je suis coach, une posture particulière que j'avais avec mon client, avec mes enfants, je ne voudrais pas perdre mon naturel, je ne voudrais pas perdre ma spontanéité.

Les questions qui revenaient souvent :


Que faire avec ça ? Est-ce que l'on ne risque pas justement de devenir une autre personne en ayant cette posture ?


Brigitte Kramer

C'est le challenge et c'est pour cette raison que c'est « parent coach ». Ce n'est pas que parent ou coach, c’est « parents coach ».


On travaille beaucoup sur cette posture. C'est quelque chose qui se travaille.


L'idée, c'est de continuer à être ce parent aimant qui aime inconditionnellement ses enfants. Un parent qui a sa vie, avec ses contraintes de tous les jours, mais en même temps, qui va pouvoir prendre sa responsabilité, qui va pouvoir aller dans les baskets de ses enfants, qui va pouvoir comprendre que les enfants ne font jamais rien pour nous embêter ; qui va comprendre qu'il y a une fonction positive dans le comportement de nos enfants, et aller poser des questions comme le fait un coach, aller poser des questions pour comprendre ce qui se passe et ainsi comprendre la manière dont notre enfant perçoit la réalité.


Pour ainsi s'apercevoir que chacun de nos enfants est différent.


Le parent coach va avoir la capacité de comprendre le point de vue de son enfant.


Moi parent, j'ai un cadre non négociable. Ça peut être la politesse, ça peut être d'apprendre à l'école, ça peut être d'avoir des relations correctes avec ses frères, ses sœurs, etc., c'est mon cadre non négociable.


Parce qu'il a les outils de coaching, les outils de modélisation pour comprendre, cet enfant particulier qui est en face de lui, le parent coach va avoir la capacité de laisser à l'enfant la liberté à l'intérieur de son cadre de telle sorte que l'enfant, avec sa personnalité et ses besoins, puisse s'épanouir à sa manière dans le cadre posé par les parents.



Jordi

Mais justement, si l'enfant dans ce cadre-là rentre dans un rapport de force.


Brigitte Kramer

Il y a un grand débat là-dessus. D'abord sur le rapport de force.


Le rapport de force va être créé quand les besoins de l'un ou de l'autre ne sont pas respectés. L'enfant peut exprimer un besoin qui, par définition, sera différent du besoin de son parent. Le parent peut avoir besoin de préparer à manger, besoin d'avoir des moments de détente.


On voit qu'il y a parfois des besoins qui sont contradictoires aux besoins de l’enfant, ce qu'on va développer dans l'approche parent coach, c'est que le parent puisse comprendre et assumer ses besoins, mais aussi prendre en compte les besoins de son enfant. Et s'il prend en compte les besoins de son enfant, il n'y aura pas de rapport de force.


Si un parent montre l'exemple, il devient un modèle pour son enfant. Soyons des modèles inspirants pour nos enfants.



Jordi

Mais si l'enfant fait un caprice, par exemple ?


Brigitte Kramer

Le caprice n'existe pas ! Soyons clairs. Malgré le fait que quelquefois ça en a vraiment l'air.

Au niveau neurologique, on sait maintenant d’après les neurosciences que le cortex préfrontal de l'enfant n'est pas suffisamment développé. Notre livre contient beaucoup d’exemples à ce sujet.


Techniquement, cette partie du cerveau n'est pas encore suffisamment développée pour pouvoir gérer ses émotions. C'est-à-dire que quand l'enfant a un besoin (besoin d'attention, besoin qu'on s'occupe de lui) si son désir et son besoin ne sont pas satisfaits, il va être envahi par une émotion.


Comme nous, lorsque nous sommes pris dans un embouteillage, par exemple, nous allons être en retard et notre besoin d'être à l'heure n’est pas satisfait, nous allons ressentir une émotion, de la colère, de l'énervement, de l'agacement, etc.


La différence notable, c’est que notre cortex préfrontal est suffisamment développé pour pouvoir rationaliser, prendre du recul sur la situation et ainsi se dire que s’énerver ne servira à rien.


Nous sommes, en tant qu’adulte équipé au niveau neurologique pour pouvoir gérer cette émotion, car notre cortex préfrontal est suffisamment développé. Un enfant n’est pas équipé !


Son cortex préfrontal qui permet justement de gérer les émotions va se développer entre 7 ans et 25 ou 30 ans, ce qui va expliquer pourquoi les enfants font des « caprices ». Ils ont simplement des émotions qu'ils ne sont pas en capacité de pouvoir, neurologiquement maîtriser.


Plutôt que de dire, mon enfant fait un caprice, mettons notre attention sur le fait qu’il a une forte émotion qu'il ne sait pas exprimer autrement qu'en criant, qu’en pleurant.

Cela va nous permettre de regarder notre enfant de manière différente et d'aller parler avec lui sur :

« Quel est ton besoin ? De quoi as-tu envie ? »


Ou simplement de le calmer et de lui dire dans un premier temps :

« Je comprends que tu as ce besoin-là, mais pour l'instant, je ne peux pas le satisfaire pour telle ou telle raison ».



Jordi

Donc c'est vraiment un changement de vision.


Brigitte Kramer

Oui, complétement et avec le développement des neurosciences depuis une quinzaine d'années, c’est juste extraordinaire ! Nous avons écrit le premier livre en 2010. Les neurosciences et les premières parutions arrivent vers les années 2012, 2013 ce qui vient valider tout ce que nous avons dit dans le premier livre déjà !


C'est vraiment génial de comprendre pourquoi notre approche fait sens, les parents doivent sortir des vieux schémas qui ont été donnés par nos parents, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents en disant qu’un enfant doit obéir, doit se conformer à ce que l'on veut.


L'adulte a toujours raison, l'enfant doit se taire. Nous devons sortir de cela parce qu’on s'aperçoit que ça ne fonctionne pas !


Jordi

Peut-être que des personnes qui n'ont jamais fait de développement personnel attendent des recettes miracles. Et que cette démarche de parents coach, cette démarche de travail sur soi, peut paraître décourageante. Parce que dans l'immédiat il y a encore des difficultés, mais il y a des premiers pas à faire.


Qu'est-ce que tu voudrais dire à ces personnes qui peuvent se sentir découragées par ce travail ? Est-ce que c'est long ?



Brigitte Kramer

Ce que moi je constate dans ma vie de coach de tous les jours, dans ma vie de maman ou de grand-mère aussi c'est que ça va très, très, vite ! C'est-à-dire que dès que l’on donne aux enfants un minimum de ce dont ils ont besoin, mais surtout de la manière dont ils ont besoin en étant vigilants autant sur le fond que sur la forme nous devenons ce modèle de parent inspirant.


Si on leur apprend, si on leur montre qu'on est calme et qu'on sait gérer les situations, même quand on a un pépin qui nous arrive, comme nos enfants font ce que nous faisons, ils nous regardent, ils nous observent, ils passent leur temps à vouloir être comme nous parce qu'on est leur Dieu vivant sur terre. Ils tâcheront par mimétisme de reproduire nos comportements.


Jordi

C'est ce qu'on appelle la modélisation en PNL.


Brigitte Kramer

C’est ce que l’on appelle la modélisation.

Est-ce que vous avez donné des cours à votre enfant pour qu'ils apprennent à marcher ? Non !


Simplement, depuis qu'il est né, il vous observe inconsciemment et à un moment donné, il sait marcher. Il va apprendre, c'est la même chose.


Donc, si nous voulons que nos enfants soient gentils, soient placides, posent des questions, nous comprennent, posons-leur des questions. Il faut s'intéresser à ce qu’eux font, pour qu’eux s’intéressent à ce que nous on fait. Parlons-leur gentiment.


Je suis des fois fascinée, de voir une maman ou un papa dans mon cabinet qui va dire :

« Je ne comprends pas mon enfant me parle mal ! ».


Le parent parle trop vite, il est énervé rapidement, donc c'est ce que l'enfant voit et il croit que c'est comme ça qu'il faut faire, alors il nous imite.



Jordi

Parfois des parents me disent :

« Oui, mais le fait de trop donner cet exemple de compréhension, d'écoute de l'autre, d'amour à mon enfant, ça ne le prépare pas forcément à être dans la société d'aujourd'hui où il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds, etc.

Est-ce que je ne risque pas de créer un agneau qui risque de se faire manger par tous les prédateurs ? Comment puis-je être à la fois ce modèle-là et en même temps préparer mon enfant à la vie et aux difficultés relationnelles qui existent ? »



Brigitte Kramer

L'idée n'est pas d'être dans le tout ou rien. C'est à dire c'est soit un loup, soit un agneau. Ma croyance à moi et que je développe dans notre approche avec Christine, c'est de dire :

Les meilleures armes, que l'on puisse donner à un enfant, c'est d'être un adulte responsable avec beaucoup d'estime de lui et beaucoup d'amour pour lui-même. Et cet amour, il ne peut pas l'inventer.


C'est-à-dire que si l’enfant a reçu des renforcements suffisamment puissant et positif, qu'il a appris à prendre sa responsabilité pour les erreurs qu'il commet, il sera en capacité de réparer ses erreurs et apprendre de ses erreurs.


Par exemple, votre enfant casse quelque chose, nous n’allons pas le punir dans sa chambre ou le privé de consoles de jeux pendant quinze jours. On va lui dire :

« OK, comment est-ce que tu vas la réparer ? »


Plus on va accompagner l’enfant à devenir un être responsable, qui prend la responsabilité de ses erreurs, tout en lui manifestant de l'amour et de la bienveillance ; plus ils seront des adultes épanouis.


Parce qu'ils auront été aimés, ils auront donc beaucoup d'estime d'eux et sauront donner de l'estime aux autres. Ils seront en capacité de poser des questions pour comprendre le fonctionnement des autres et ainsi avoir une meilleure communication.


Plus tard, dans leur famille, dans leur job, dans leur entreprise, avec leurs amis, au lieu de se fâcher au lieu d'être susceptibles, ils auront les outils parce qu'ils les auront appris de leurs parents et auront les outils pour être des adultes responsables dans ce monde.

Ils vont participer à faire de ce monde, un monde où il y aura moins de loups, donc moins d'insécurité, moins de conflits, donc moins de rapport de force.


Mais également moins d'agneaux qui vont subir les choses et qui vont se laisser mener à l'abattoir. Parce que ce seront des enfants qui auront vu leurs parents faire des choix, être heureux dans leur métier, capable de prendre des décisions quand il fallait en prendre.

Ils auront ainsi appris que dans la vie, on peut faire des choix, on peut être quelqu'un de libre, on peut être quelqu'un d'autonome, quelqu'un d'aimer, quelqu'un d'aimable, quelqu'un de responsable.


Donc oui, soyons des modèles inspirants pour nos enfants parce que comme disait Gandhi « il est essentiel d’être le changement que nous voulons voir dans le monde ». C'est vraiment ma devise.


On utilise le mot élever nos enfants. On dit également élever des poulets, élever des chèvres… Il y a le côté élever au sens de dressage.


Avec Christine, nous aimons le mot élever, dans le sens d'élévation. C'est-à-dire que si on élève nos enfants pour les accompagner à être de meilleures personnes à ce moment-là, le métier de parent est juste extraordinaire.


En tant que parent, il n'est jamais trop tard pour aller réparer nos erreurs. On peut avoir 50 ans, 60 ans, 70 ans et venir, je l'ai vu et j'ai aidé des parents à le faire avec leurs enfants qui étaient déjà adultes. Et les enfants n'attendent que ça. Et nos enfants nous pardonnent nos erreurs parce que, eux nous aiment de manière inconditionnelle, même si on a fait des grosses bêtises avec eux.


La vie à la maison devient plus harmonieuse, plus joyeuse, plus légère. On discute, nous ne sommes justement pas dans un rapport de force, nous voyons notre enfant grandir, Wow !

Là, il a été capable de venir dans mes baskets simplement parce que je lui ai montré que moi, j'étais capable d'aller dans les siennes. Oui, vraiment ! Et tous les parents témoignent et ça ne prend pas de temps Jordi.


Dès le premier jour. Tu vois des résultats, dès la première semaine, tu vois des résultats parce que les enfants n'attendent que ça.


Merci beaucoup à Brigitte pour ce moment d'échange.




Posts récents

Voir tout
bottom of page